La pratique [Les adorations] ne fait pas partie de la foi

Question : La pratique [faire les adorations] est-ce une partie de la foi, c’est-à-dire celui qui ne fait pas un fard (adoration obligatoire) ou qui fait une action défendue (haram) deviendra-t-il mécréant, infidèle, cela entraînera-t-il le blasphème ?
REPONSE
Non, il ne devient pas infidèle. Si la pratique faisait partie de la foi, chaque personne commettant de péché deviendrait infidèle, mécréant. Il ne resterait plus de musulman.

Imam A’zam Abou Hanifé a déclaré que les adorations ne sont pas une partie de la foi. La foi veut dire croire. Il n’y a pas le fait d’augmenter ou diminuer dans la croyance, au sujet de croire. Si les adorations étaient la foi, celle-ci augmenterait ou diminuerait.

Dans les versets, on ordonne à ceux qui ont la foi, de pratiquer les adorations et de s’abstenir des péchés.
(Ô vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur.) [Sourate Hajj 77]

(Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allah) [Djuma 9]

(Ô les croyants ! Ne pratiquez pas l’usure.) [Al Imran 130]

(Ceux donc qui croient et font de bonnes oeuvres auront pardon et faveurs généreuses.) [Hajj 50]

(Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres : à eux une récompense jamais interrompue.) [Inchikak 25]

(Ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres : ceux-là auront le Paradis.) [Tin 11]

Ces versets démontrent que la foi (la croyance) est autre que les adorations.

Ce verset aussi prouve que les adorations ne font pas partie de la foi :
(Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne oeuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie.) [Nahl 97]

Il est déclaré avec unanimité que celui qui meurt, juste avant d’avoir la foi et qui n’a pas pratiqué d’adorations, est musulman, croyant. Dans le hadith Djibril aussi on a déclaré que la foi est de croire aux 6 bases déclarées dans Amentu.

Dans le célèbre (Emali Kasidesi), on dit au 43ème couplet :
(Les adorations obligatoires, fard, ne sont pas comptées de la foi.)

Quelques savants d’Ahl-i Sunna, en apportant comme preuve ce verset et ce hadith, ont dit que la foi [c’est-à-dire la lumière de la foi] peut augmenter ou diminuer :
(Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi.) [Anfal 2]

(La foi, en augmentant, amène son propriétaire au Paradis. Et en diminuant, elle l’amène en Enfer.) [M. Nasihat]

Imam Azam a interprété ce verset et ce hadith :
L’augmentation de la foi veut dire sa continuité, le fait qu’elle dure longtemps. Le fait que la foi soit grande, veut dire les choses auxquelles il faut croire augmentent. Par exemple les compagnons (Ashab-i Kiram) croyaient d’abord à peu de choses. Quand les nouveaux ordres se révélaient, leur foi augmentait. Le fait que la foi augmente veut dire l’augmentation de sa lumière dans le cœur. Cette lumière, dorée augmente avec [en faisant] des adorations. Et elle diminue en commettant du péché. (Cherh-ı Mevakıf , Djevheret-üt-tevhid)

Même si les Vahabites et les Mutazilates et d’autres groupes hérétiques ont dit que les adorations font partie de la foi, la pratique n’est pas une partie de la foi. L’inverse du blasphème est la foi et l’inverse du péché est l’adoration. Celui qui laisse sa foi devient infidèle, celui qui abandonne l’adoration devient pécheur. La foi sans pratique est acceptable mais la pratique sans foi ne l’est pas. Bien qu’il faille abandonner, pour les femmes, quand elles sont réglées, les adorations comme la salat, le jeûne, il ne sera jamais permis d’abandonner sa foi.

Même si on peut entrer au Paradis seulement avec la foi, on ne peut pas y entrer seulement avec des adorations. La foi sans pratique est acceptable mais la pratique sans foi ne l’est pas. Les adorations de ceux qui n’ont pas la foi ne jouiront de rien dans l’autre monde. On ne peut pas offrir la foi à quelqu’un, mais on peut intercéder, offrir la récompense d’una adoration à quelqu’un. On ne peut pas faire de testament pour la foi, mais on peut en faire pour l’adoration. Malgré que celui qui abandonne la pratique ne devienne pas mécréant, celui qui abandonne sa foi devient tout de suite infidèle. Bien que la pratique, l’adoration est dispensée à celui qui a des excuses pour cela, la foi n’est dispensée à personne.

Imam Ghazali déclare :
Les groupes hérétiques, déviés, ont dit, en montrant, en désignant comme preuve le 29ème verset de la sourate Rad (Eux, ils ont eu la foi, ils ont fait des bonnes actions), que la pratique fait partie de la foi. Or, ce verset et ses semblables ne démontrent pas que la pratique, l’adoration est dans la foi mais au contraire ils prouvent qu’elle est en dehors de la foi. Si c’était le contraire de cela, la parole (vé amilussalihat) serait répétée en vain. Il est faux, erroné que ceux qui commettent des péchés resteront en Enfer éternellement comme dit le groupe Mutazila [et les Wahabites]. Dans le hadith, il est déclaré : (Celui qui ne renie pas la chose qu’il a crue ne devient pas infidèle.) Celui qui a commis le péché n’aura pas renié les bases essentielles de la foi qu’il a approuvée. Dans l’autre monde, on ne fait pas d’intercession uniquement pour les mécréants, infidèles. Et ceci démontre que les pécheurs pour qui on a fait intercession ne sont pas des infidèles. Dans un hadith, il est déclaré : (Je ferai intercession pour ceux qui ont commis des grands péchés.) Ebu Derda lui a demandé (Ô Messager d’Allahu teala, ceux qui ont commis l’adultère et le vol atteindront-ils aussi l’intercession ?). Dans sa réponse (Oui, je ferai intercession aussi pour ceux qui ont commis l’adultère et le vol.) a-t-il déclaré. Tout le monde étant mort avec la foi, tôt ou tard, entrera au Paradis.

Dans les hadiths, il est déclaré :
(Je ferai intercession pour chaque musulman n’étant pas mort sur le polythéisme [n’étant pas mort en étant polythéiste].) [Bezzar, Hakim, Beyheki]

(Le musulman ayant commis l’adultère, le vol et bu de l’alcool entre aussi au Paradis.) [Buhari]

(Celui qui a dans son cœur la foi autant qu’une particule, qu’une lueur ne reste pas en Enfer.) [Bukhari]

(Je ferai intercession pour chaque musulman ayant commis de grand péché.) [Nesai, Tirmizi]

(Je ferai intercession pour les pécheurs qui sont morts avec la foi.) [Bukhari, Muslim]

Le musulman pécheur, après avoir subi sa peine, entrera au Paradis. Le hadith (La foi quitte, abandonne celui qui commet l’adultère, qui boit de l’alcool.) montre qu’ils (ceux-ci, ceux qui commettent ces péchés) ne sont pas des musulmans mûrs. La signification de la parole (La foi est : confirmer avec le cœur, proclamer par la langue et pratiquer avec ses membres) est : La foi chez l’humain est comme la tête au corps. Les bras et les jambes sont comme des adorations (la pratique). Même s’il peut exister un humain sans bras, sans jambes, il ne peut pas en exister sans tête. Quand on définit un Homme, on définit aussi tous ses membres. C’est-à-dire même si certains de ses membres sont manquants, il est quand même un Homme. Comme cet exemple, en définissant le bon musulman, le musulman mûr, on a inclus, ajouté aussi les adorations à la foi. On a dit, comme pour les gens dont les bras et les jambes sont coupés, on dit (le mort vivant), pour celui qui commet de grands péchés, “il n’est pas croyant” dans l’intention de dire “il n’est pas un bon croyant, non pas un croyant mûr, appliquant”. (Ihya)

Imam Rabbani a déclaré :
Les adorations ne sont pas une partie de la foi. Mais elles augmentent la lumière, la brillance, la solitude de la foi, elles la rendent plus mûre. Imam Azam a déclaré : La foi n’augmente pas et ne diminue pas. Car la foi veut dire “la confirmation du cœur, le fait qu’il accepte, le fait qu’il croie». Il ne peut pas exister de croire peu ou trop. On n’appelle pas “foi” une croyance qui augmente ou qui diminue, on appelle celle-ci l’illusion. Le croyant [musulman] même s’il commet de grands péchés, sa foi ne le quitte pas, il ne devient pas infidèle.

Si un musulman, ayant commis beaucoup de péchés est mort sans se repentir, Allahu teala, s’Il souhaite, pardonne tous ses péchés ou s’Il souhaite, lui fait subir la peine autant que ses péchés ; mais à la fin il le met, le fait entrer au Paradis. Ceux qui ne seront pas sauvés dans l’autre monde sont seulement les incroyants, les infidèles. Celui qui a une lueur de la foi, sera sauvé, atteindra le salut. (Maktubat-i Rabbani, 2/67)

Dans un hadith, il est déclaré :
(Déjbraïl [Gabriel] alaihisselam m’a dit : “Donne la nouvelle à ta communauté que quiconque est mort étant musulman entrera au Paradis.” J’ai dit “Celui qui commet l’adultère et le vol aussi entrera-t-il au Paradis ? “Oui” a-t-il dit. J’ai posé 3 fois la même question. A la 3ème [fois que j’ai posé la question], il a dit : “Oui, le musulman qui commet l’adultère et le vol entrera aussi au Paradis [après avoir subi sa peine].) [Bukhari, Muslim, Bezzar]

Dans le Coran, il est déclaré littéralement :
(Allah ne pardonne jamais le chirk [toute sorte de blasphème, de foi erronée]. Et tous les autres péchés, Il les pardonne aux personnes qu’Il veut.) [Nissa 48]

(Ô mes serviteurs ayant beaucoup de péchés, ne perdez pas votre espoir de la miséricorde d’Allah ! Allah pardonne tous les péchés. Lui, il est Pardonneur.) [Zumer 53]

Le péché et le blasphème sont des choses différentes
Question :
 Le hadith (Le coupable d’adultère, lorsqu’il est en train de commettre l’adultère, le buveur de l’alcool, lorsqu’il est entrain de boire de l’alcool, le voleur, lorsqu’il est en train de voler ne sont pas croyants [musulmans].) ne démontre-t-il pas que ceux qui commettent le péché devienront infidèles ?
REPONSE
Non, il ne démontre pas qu’ils deviendront infidèles. Les savants ont déclaré que ce hadith démontre que ceux-ci ne sont pas des musulmans mûrs, peiux. La foi de ceux-ci est faible, ils peuvent tomber dans le blasphème. Les hadiths (Celui qui dit des paroles de prostitution, des paroles dépassant les limites ; celui dont son voisin n’est pas à l’abri ; celui qui est rassasié alors que son voisin a faim n’est pas croyant) sont aussi comme ça. Donc dire (Celui qui commet tel péché ne peut pas entrer au Paradis, il ira en Enfer, il n’est pas croyant) veut dire (Si on ne se repent pas de ce péché, si on n’a pas atteint l’intercession ou le pardon, on ne peut pas entrer au Paradis sans subir la peine de ce péché). Car le péché et le blasphème sont des choses différentes, séparées. Quelle que soit la grandeur du péché, celui qui le commet ne devient pas infidèle. Mais quel que soit le péché, le cœur de celui qui continue à le commettre se noircit, sera attiré vers le blasphème. C’est la raison pour laquelle il faut éviter tout genre de péché.

Il ne faut pas dire “infidèle” au musulman qui ne pratique pas les adorations et qui commet des péchés. Il est très dangereux d’extraire des jugements du Coran et des hadiths sans les explications des savants d’Ahl-i Sunna. Par exemple, les savants islamiques ont interprété ce verset du Coran (Celui qui tue un musulman intentionnellement, exprès est [ira] en Enfer) comme (Celui qui tue un musulman parce qu’il est musulman restera en Enfer éternellement.)

Le musulman qui croit à l’unicité et à l’existence d’Allahu teala et qui confirme l’ensemble des ordres et des interdits déclarés par Mouhammed alaihisselam, s’il commet un péché en faisant une faute, il deviendra biensûr triste. Il ne devient pas infidèle en commettant des péchés.

Celui qui ne croit pas en Allah et au Prophète, et qui ne fait pas les bonnes actions qu’il fait, parce qu’Allah les a ordonnées, n’accepte donc même pas d’être serviteur d’ Allah. Sûrement le traitement d’Allah à ces deux personnes sera différent. Car le premier même s’il est coupable, il est musulman. L’autre, même s’il fait de bonnes actions, il est infidèle. (Hadika)

Imam Azam a déclaré :
La foi veut dire proclamer avec la langue, confirmer avec le cœur. Dans la foi, il n’y a pas augmentation ou diminution. Mais au niveau de sa solitude, il peut y avoir d’augmentation ou de diminution. La pratique n’est pas une partie de la foi. On ne dit pas infidèle à celui qui commet des péchés. Alors que la foi est nécessaire pour tout le monde, la pratique ne l’est pas. Par exemple, le pauvre qui n’atteint pas le nisab [quantité de bien pour que la zakat soit obligatoire] ne donne pas l’aumône- zakat-. La femme ne pratique pas la salat quand elle est réglée. Mais on ne peut pas dire que la foi n’est pas nécessaire pour le pauvre et pour la femme réglée.

Question : Dit-on “infidèle, mécréant” aux musulmans qui commettent des péchés ?
REPONSE
On ne dit pas “infidèle” au musulman qui commet des péchés. Car selon la croyance d’Ahl-i Sunna, on ne devient pas infidèle en commettant un péché. Certains groupes égarés, déviés, ont montré l’hérésie de dire “infidèles” aux musulmans qui commettent des péchés, qui ne pensent pas comme eux. Dans un hadith, il est déclaré :
(Celui qui dit “infidèle” au musulman, devient lui-même infidèle.) [Bukhari]

On ne dit pas “infidèle” à celui qui dit qu’il est musulman, qui récite le mot de chahadet. Dans une guerre, notre Prophète (alaihisselam) a dit à quelqu’un qui a tué un tel qui récitait le mot de chahadet : (Pourquoi as-tu tué une personne qui dit le mot de chahadet). Il a répondu que celui-là disait le mot de chahadet avec sa langue mais il ne le croyait pas avec son cœur. Notre Prophète l’a blâmé en disant (As-tu regardé son cœur en fendant ce dernier ?)

C’est la raison pour laquelle il faut éviter de dire “infidèle” au musulman.

Le vin à l’intérieur, la foi à l’extérieur ?
Question :
 Dans le livre intitulé Islam Ahlaki, on déclare que Hz. Osman a dit : (Je jure à Allahu teala que lorsqu’une personne est en train de boire du vin, la foi dit au vin : ô démon, arrête, que d’abord je sorte puis entre !). Il y aussi des hadiths à la même signification :
(L’Homme ne boit pas de vin en tant qu’il a la foi.) [Nésaï]
(La foi de celui qui boit du vin quitte comme la chemise quitte le corps.) [Hakim]
(L’alcool et la foi ne peuvent pas se trouver au même endroit, l’un éloigne l’autre.) [Beyheki]
(La lumière de la foi quitte le cœur de celui qui boit de l’alcool.)[Taberani]
Ma question : la foi quitte-t-elle celui qui boit du vin ; donc devient-il infidèle ?
REPONSE
Non. Dans notre religion, la pratique n’est pas une partie de la foi, c’est-à-dire on ne dit pas “infidèle” à celui qui boit du vin et qui commet d’autres péchés. Si la pratique était une partie de la foi, chacun qui commet de péché deviendrait infidèle, il n’y aurait pas de musulman. Voire même les hérétiques qui disent (la pratique est une partie de la foi, celui qui commet un péché devient infidèle) ne pourraient pas être musulmans. Car être innocent c’est à dire ne commettre jamais un péché est propre aux prophètes.

Imam Rabbani déclare :
Imam Azam a déclaré : Le croyant [musulman] même s’il commet de grand péché, sa foi ne le quitte pas, il ne devient pas infidèle. Si un musulman, ayant commis beaucoup de péchés est mort sans se repentir, Allahu teala, s’Il souhaite, pardonne tous ses péchés ou s’Il le souhaite, lui fait subir la peine autant que ses péchés ; mais à la fin il le fait entrer au Paradis. Ceux qui ne seront pas sauvés dans l’autre monde sont seulement les incroyants, les infidèles. Celui qui a une lueur de la foi, sera sauvé, atteindra le salut. (Maktubat-i Rabbani, 2/67)

Imam Ghazali, en expliquant les hadiths ci-dessus, dit (Celui qui a une foi mûre ne peut pas boire de l’alcool, la foi de celui qui le boit s’affaiblit.) La signification d’un hadith est :
(Déjbraïl alaihisselam m’a dit : “Donne la nouvelle à ta communauté que quiconque est mort étant musulman entrera au Paradis.” J’ai dit “Celui qui commet l’adultère et le vol aussi entrera-t-il au Paradis ? “Oui” a-t-il dit. J’ai posé 3 fois la même question. A la 3ème [fois que j’ai posé la question], il a dit : “Oui, le musulman qui commet l’adultère et le vol entrera aussi au Paradis.) [Bukhari, Muslim, Bezzar]

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